lundi 18 mai 2009

Est-ce que je vous ai dit que...

Est-ce que je vous ai dit que mon père se marrie?

Yes my friends. À quatre jours de ses soixante ans… Je ne sais pas si je devrais écrire ce que j’en pense vraiment, on va se garder une ptite gêne, mais j’écrirai que je suis allée voir la salle avec les futurs époux samedi dernier et que ce fût une expérience hautement fascinante. Un scénario d’Un gars, une fille…

J’ai hérité d’une certaine implication dans l’aspect logistique de l’événement dû à mon CV, j’imagine. Mais j’avais amené des renforts, le Metteux-en-scène-Co-Guide new-yorkais-DJ-et-planificateur-d’événement-d’ami. Une chance!
Je vous jure que j’aurais du filmer cela.

Bride-to-be : « Pour la cérémonie, je pensais disposer les chaises devant le Lac? »

Hubby-to-be : « Quéssé les chaises? Pas besoin de chaise, ça va durer douze minutes… À part si je demande que l’on répète la question… Hahahaha! »

Bride-to-be : « T’es pas drôle. Charles? Lili? Non, mais ça prend des chaises ? »

Charles : « … »

Lili : « Pour tout sujet litigieux, vous en discuterez (ostinerez) chez vous, dac ?? »

Hubby-to-be : « Moi, j’vais aller prendre une bière chez Luc, vous n’avez plus besoin de moi ? »

Lili : « Cher Papa, tu vas rester ici jusqu’à temps que moi je parte. Un minimum d’implication ok ? »

Hubby-to-be : « Mais bien sur ma fille, je suis tellement emballé et motivé, je trippe vraiment… »

Lili : « Don’t over do it Dad. Ça mine ta crédibilité.”



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Est-ce que je vous ai dit que je suis au chômage pour l’été ?

Un seul cours à donner. Quatre heures semaine. Dieu merci. Ça va faire du bien à mes jolies pochettes sous les yeux. L’agenda est par ailleurs déjà assez bien rempli de divers projets de communication qui m’inspirent. Relations médias, plans de commandites, planification d’événement, ainsi que recherche et développement pour le Collège.

Projets intéressants, horaire flexible, bureau extérieur, la fille trippe.

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Est-ce que je vous ai dit que je déménage ?

Après 9 ans dans mon logis, c’est un nouveau départ. Un mélange de stress, de hâte, et de nostalgie m’habite. J’ai peur des coûts, je n’ai pas envie de faire des boîtes, et je n’ai pas hâte de charrier des meubles mais en même temps, assise sur le divan l’autre soir, je me suis rendue compte que je vivais dans les mêmes couleurs et décors depuis neuf ans.

C’est peut-être le temps de me déraciner un peu.

PS : Le marché immobilier étant ce qu’il est, je perds deux pièces pour un peu plus cher mensuellement. Splendide.

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Est-ce que je vous ai dit que je suis allée passer cinq jours au chalet de ma belle sœur ?

5 jours d’ermitage dans le calme le plus profond. 5 Jours de bien-être à dessiner, lire, prendre du soleil, et réfléchir.

Voici mes découvertes :

Odette tout le Monde, de Schmit. Je sais, genre deux ans en retard la fille, mais un magnifique recueil de 8 histoires de femmes ou 8 histoire d’amour. L’angle est au choix ! À savourer dehors en un après-midi ensoleillé, cocktail à la main.

Jeunauteur de Stéphane Dompierre. Une BD à lire que si vous pouvez rire à haute voix. Le seul défaut à ce bijou ; j’en aurais pris le double !!

La physique des catastrophes de Marisha Pessl. Une brique écrite magnifiquement, un récit qui se dévore aussi bien qu’un polar mais en faisant travailler votre cerveau. Ça me rappelle le style de récit à la John Irving ou le glauque de Paul Auster, mais avec des centaines de références bibliographiques et supports visuels qui rendent la lecture plus « impliquante ».

In Treatment, dernière sortie vidéo de HBO. Série DVD à regarder en rafale. Dans un cadre tout à fait nouveau (et qui demande quelques épisodes pour s’y habituer), la série est située entièrement dans un bureau de psychologue. La trame est des plus simple ; lorsque présentée à la télé il y avait un épisode de 30 minutes par jour présentant chacun un patient, quatre en tout, et le vendredi, c’est le psy qui va voir le sien… !! On s’attache rapidement aux quatre « thérapiés » tout autant qu’au psychologue, magnifiquement joué par Gabriel Byrnes. Pour ceux qui s’intéressent à la psychologie (sans pouvoir se payer une thérapie !), In Treatment a provoqué chez moi de multiples « est-ce que c’est vrrrraiment ça que je voulais dire ? » ou encore la très large « mais quelles sont les motivations sous-jacentes à cette décision ? »

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Est-ce que je vous ai dit que je vous aime ?

Dernièrement, à quelques reprises, alors que je m’apprêtais à raconter une tranche de vie, on me disait, mais ouiiii, j’ai lu ça dans ton blog !

Puis je regarde toujours avec perplexité ce compteur qui me signale votre fidèle présence sur cette humble histoire de vie.

Ben, c’est ça. Je vous aime, qui que vous soyez à cliquer sur cette adresse. Vous êtes le moteur qui me propulse à mon clavier aussitôt que mon horaire me le permet.

Est-ce que je vous ai dit merci ?
Merci.

samedi 25 avril 2009

Un vendredi soir avec le meilleur trio

Enfin, une activité culturelle à mon agenda. Une pause bien méritée de préparation d’examens, de corrections et de courriels suppliants d’étudiant ayant dépassé leur nombre d’heure d’absence allouée.

Nous étions invités au spectacle de Daniel Boucher au Club Soda hier soir. Un trio composé de Boucher à la guitare, Antoine Gratton à la basse et mon beauf au drum.

Quelle splendide soirée j’ai passé. Même si – mea culpa – je ne connaissais pas tellement le matériel de Boucher. Comment est-ce possible? Au moment de la grande popularité du chanteur, j’étais exilée en une autre province où Cayouche et 1755 gardent la main mise sur la scène musicale.

C’était donc une soirée « découverte » autant de Boucher que de Gratton qui assurait aussi la première partie. Et de façon magistrale. Je ne sais pas si j’écouterais un de ses albums dans mon salon, mais sur une scène, c’est un entertainer de l’enfer. Digne des galas Juste pour Rire, il est drôle, incroyablement mignon, et le plaisir qu’il a sur une scène se communique électriquement avec la foule.

« Plus tard il y aura Daniel Boucher, ça c’est le gars qui fait ma deuxième partie »

Et puis, le Boucher est arrivé. Incroyablement charmeur, sexy et amoureux, il a fait lever le Club Soda à la première chanson. Indéniablement content d’être de retour, il a communié avec son public avec une humilité belle à voir.

Tout aussi sexy et passionné, mon beauf à droite, en transe derrière ses percussions. C’était la première fois que je le voyais sur scène. Fascinant de le voir comme ça; contrastant avec notre dernière rencontre où, autour du jambon de Pâques, il me parlait de la cheminée du chalet. Je le soupçonnais résolument amoureux de son art, mais hier soir sur scène, tout cela me semblait enfin si concret. Quel bel artiste et quelle belle personne.

J’les ai pas mal tous vu; Bélanger, Dumas, Dubé, Perrault, mais j’avoue qu’hier soir, j’en aurais pris quelques tounes de plus. Une chance que l’on pu prolonger un peu le plaisir avec les artistes backstage après. Merveilleux de pouvoir, après avoir apprécié le spectacle dans l’audience, aller partager leur adrénaline post-spectacle. Les cheveux encore humides, l’électricité dans le corps, et le vino à la main. L’heure était à la rigolade, et on en a bien profité.

Splendide spectacle,
Trio gagnant,
Fille ravie.

(Oui, mesdames, je le confirme, Daniel Boucher est vraiment très sex. J’ai travaillé très fort pour ne pas baver. Pas devant lui du moins. Mais je l’ai quand même avoué à mon beauf : « Jesus Christ, non mais, j’pense que je vais vraiment faire de beaux rêves cette nuit! » . Lui de me répondre; « Profites en! Ç’t’à ça que ça sert ces ptites bêtes là! »)

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Pouésie

Je ne sais pas trop dans quoi je me suis embarqué, mais ce soir je lis de la poésie pour une soirée bénéfice au Charlot à Trois-Rivières. Moi qui n’y comprends pas toujours grand-chose. Bien loin de moi la prétention d’essayer d’en écrire.

Mais le projet me tentait - sais pas trop pourquoi. Alors j’ai demandé à ma poétesse de mère si elle n’aurait pas un texte. Elle m’a proposé un poème sur nos racines acadiennes.

Tant qu’à lire sa poésie, sur nos origines, je l’ai invité à venir la lire avec moi en duo.

Le poème est magnifique, tout comme son auteure.
« Le cercle des effarouchés »

Lecture mère-fille. Ouais. Ça me tente…

Je vous en donne des nouvelles…

Gaspé Montréal

J'ai parlé à Dad ce matin, il fait 2 à Gaspé, sans le facteur vent...
Par contre, il m'a dit que demain, il allait manger du homard.
Fait chier.
25 degrés versus un souper de homard...
Hummmm...

Bilan Pascal

Portions de tourtière du lac : 3
Heures de sommeil récupérées : 326
Marche dans le bois : 1
Cabane à sucre : 1
Palettes de tire : 12
Niveau d’alcool maintenu : raisonnable
Nombre de courriel ouvert : 0

Bilan des tâches productives accomplies : 0
Note finale : A+

samedi 11 avril 2009

Joyeuses Pâques

J'espère que Jesus va voir son ombre et que le printemps va arriver...

dimanche 5 avril 2009

NYC... again...

New-York City.
3 jours, 2 bus, 82 étudiants.
Organisateur: Jo
Guide accompagnatrice: Li-liberté

J’ai fait mon premier voyage-mode à NYC avec Jo il y a 10 ans, j’étais étudiante et lui, prof (et mon mentor).

Jo c’est la bonne humeur, le sarcasme mordant, l’énergie, et la passion du métier – passion qu’il sait exprimer et transmettre comme nul autre. Après ma graduation, nous avons continué à collaborer ensemble, lors de multiple voyages-mode à NYC, et sur d’autres projets aussi. C’est aussi souvent grâce à lui que je n’ai pas eu à envoyer de CV (ben, ça et des A, et un prix au projet final, et une bourse - in all fairness to myself mettons… !)

Et puis voilà, 10 ans plus tard, mon collègue professeur et moi, repartons pour Manhattan, l’adrénaline gonflée à bloc et la sourire fendu jusqu’aux oreilles (sous des cernes vertigineuses de profs en fin de session)…

Présence bonus au voyage ; Charles le Metteux en scène, transformé en accompagnateur et photographe officiel du voyage ! Mon Mc ne pouvant pas m’accompagner, je me suis soudain imaginée seule avec 45 paires de jambes à enligner sur 5th avenue… Hummm… Qui serait assez game pour partir à New York en voyage-mode à 3 jours d’avis ? Charles ? Un e-mail et un téléphone, et je reçois son texto : I’m in !
Y’a des amis fiables comme ça.
Splendide… On part.





Après une nuit à dormir à bord de l’autocar, on débarque à 8am downtown Manhattan pour une journée au programme plus que rempli; marche, conférence, Musée…



Après la première conférence chez DKNY, on pause dans Bryant Park le temps d’un latté à 6$. Je suis à New York, il fera beau et chaud, je flotte…




Grand Central Station, Rockfeller Center, et H&M flagship store.
On a une heure de libre… Sans étudiants…

- Jo, te souviens-tu quand on avait embarqué tous les étudiants dans les wagons de métro et que les seules personnes restantes sur le quai étaient nous ?
- Ahhh ! Ouiiii ! D’ailleurs, une étudiante m’a dit hier soir qu’elle t’avait reconnu – « c’est la Tommy Girl ! »
- Ouch, ouin ! Ça fait longtemps que je n’ai pas entendu ce nom là !



Conférence chez JS International, visite du FIT (Fashion Institute of Technology - le Harvard de la mode), et marche dans Chelsea ; quartier de la relève.



Après un merveilleux souper au Coffee Shop (Union Square), il faut faire faire un « test run » du Path (le métro de banlieue de NYC) aux étudiants pour qu’ils sachent comment revenir à l’hôtel seuls. 45 étudiants qui achètent des billets de métro sur 2 guichets libre service n’était pas une bonne idée…
- Are you guys fuc*** crazy, you’re blocking all the Fuc*** entry…

Quand on a fini par mettre les pieds à l’hôtel, et prendre une douche, la virée dans les clubs était déjà utopique – pour les vieux organisateurs, du moins !

Me semble qu’hier encore, j’aurais été sur le prochain métro – back in Manhattan – pour essayer tous les nouveaux clubs que seuls les new-yorkais connaissent. Hier, j’aurais enfiler toutes mes nouvelles fringues, probablement une nouvelle paires de souliers aux talons vertigineux, et j’aurais hélé un yellow cab avec une adresse de boite griffonnée sur une napkin. La peur au ventre, mais le goût de l’aventure et du risque faisant bouger mes jambes sans hésitation.

Mais vendredi soir, pas le goût de la peur, ni des talons hauts.
-Ouf, demain va être un autre marathon c’est certain !

Quand est-ce que le « demain » est apparu ? À quel âge ça arrive ?
Je ne sais pas. J’assume.

Une bouteille de vin, un antipasto et des calmars livrés, et 43 postes de télé. Le Hilton est le seul club que je veux visiter. La télé, la seule rencontre, et les bas de laine plutôt que les stillethos. Fu** Manhattan… (Vive Jersey).

Une deuxième nuit au sommeil peu réparateur. Ça aurait été plus tranquille Midtown Manhattan. Un rail du Path s’est brisé pendant la soirée et c’est sous les sirènes, les marteaux pilon et les camions qui reculent que j’ai dormi, un 15 minutes à la fois.

J’ai des cernes à deux étages ce matin.

On part avec le bus vers le MET. Gaston (nom non-fictif), notre chauffeur d’autobus, fait sa première gaffe et doit virer l’autobus dans une entrée de garage…

Il me dit, à demi couvert par les instructions bidons de son (putain de) GPS ;
-J’suis pas bien-bien habitué à New york. J’haïs ça conduire ici.

Ok… (Ça va bien aller Lili, ça va bien aller.)
Ce n’est là que la première des aventures Gastonniennes de la fin de semaine…



-Bon là Gaston, j’pense qu’on va lâcher le GPS et y aller avec notre flair, remonte la dixième jusqu’à Central Park et traverse ouest jusqu’à Madisson. Puis remonte jusqu’à la 87ième.



Je me suis finalement reposée en visitant les salles du MET, que j’ai vues et revues et qui me procurent, ce matin, une pause. Comme si c’était leur aspect familier que j’appréciais, plutôt que leur infinie splendeur.

Le groupe se rétrécis. À mesure que les étudiants se sentent plus en confiance, ils volent rapidement de leurs propres ailes. Alors, Jo, Charles, quelques étudiants et moi, avons descendu de la 88ième à la 57ième en passant sur Madisson et la 5th, commentant les vitrines et les gens.





On est Upper East side. Le vieil argent. Hermès, Channel, Dior… Et pas les succursales plus bas, trop occupées pour leur chic personne.

Dégustant une Marlboro devant Vuitton, une limo arrive. Un couple sort de la voiture, fringués à la perfection, habits du samedi matin, d’une classe étrangère à mes jeans à 20$... Moins de trente minutes plus tard, ils ressortent, rembarquent dans la limo et repartent. Les riches ne traînent pas de sacs. Ils font livrer, c’est plus noble.

Puis sur le trottoir, il y a une vieille au chignon. Chignon qu’elle porte avec grâce depuis certainement 200 ans. Et Jo de me dire à l’oreille ;
-C’est ce qui lui tient la face lisse de même…

Les vitrines sont belles. J’aime la mode. J’aime profondément la mode. La mode dans toutes ses expressions. De la chaussure Louboutin, une œuvre d’art, au chemisier Anne Fontaine, à la Street wear de H & M. Mon cerveau cogite les couleurs, les matières, les prix, les touts… J’emmagasine, j’analyse, je synthétise. Passionnant.

Retour à l’hôtel, deux verres de rouge, une douche et hop, talons hauts, on va souper dans Little Italy. On prend seulement un des deux bus, c’est celui de Gaston. Deux fois plutôt qu’une il aura réussit à devoir tourner l’autobus sur des coins de rues impossibles. La première fois, nous n’étions même pas sorti de Jersey, l’opération a prit 20 minutes : avance, recule, avance, recule. Y’a une Mercedes qui a eu très chaud.
- Une chance qu’on a un groupe d’étudiants ; un voyage du troisième âge et ça y est, on en a 8 de morts.

Même après nous avoir débarqués sur un grand boulevard, après lui avoir expliqué comment s’en retourner, Gaston réussit à s’engouffrer dans les minis rues de Little Italy. Au loin, on l’a revu créer un troisième bouchon monstre devant des touristes qui s’en donnaient à cœur joie sur la caméra… Et comme immense insigne sur les côtés du Bus : La Québécoise. Mmmm. Splendide. Et Jo de me dire :
- Le logo de la fille sur le bus, à la regarder, j’pense que finalement elle est morte de peur.

Pasta n Vino, taxi, et hop, sous les rayons UV de Time Square. C’est toujours merveilleux de voir le visage des gens qui y arrivent pour la première fois. Je sais, à chaque fois, moi non plus je n’y crois pas.

Lumières, bruits, odeurs, flash de caméra, klaxons, musique, poubelles, et pretzels.
Marche, parle, pose, traverse, observe, attend, souris.
Des itinérant, des employés, des polices, des touristes, des clubbers, des taxis drivers, des artistes de rue, ah, tiens, d’autres étudiants…

Puis, je m’effondre. Dans le lit de plume moelleux du Hilton, j’enfonce. Enfin, quelques heures réparatrices et énergisantes.
...

8am : Bagages, check-outs, listes d’étudiants, café pas bon.

Après un copieux déjeuner dans SoHo, je me suis payée une merveilleuse surprise. Une heure seule. Armée d’un Grande Latté, j’ai pu marcher les petites et grandes rues de SoHo.

Je m’arrête devant la photo d’un loft collée à l’entrés d’un immeuble. Un homme est là debout. Je me dis que c’est sûrement pour la visite libre. Il parle le premier :
- Beautiful place hein ?
- Yaaa, I guess this is the kind of stuff you dream about when you dream about New-York.
- Well, this is the kind of stuff you dream about, even when you’re in New-York. I’m just the broker…

J’avance vers Broadway qui, à cette hauteur, regroupe toutes mes boutiques préférées. Un dimanche matin pluvieux à 11am, je suis seule sur la rue. Je me fait une mini razzia …for old time’s sake.

Au point de rencontre, juste avant le grand départ, je regarde tous les étudiants avec leur exponentiellement-multiples sacs de magasinage qui se font des démonstrations. Je dis à Jo :
- My God, mais as-tu vu ça, aucun bon sang ! Abercrombie, Tiffany’s, Forever 21, H & M, Diesel, Puma, Coach !! J’imagine que pour eux, un voyage-mode, c’est un voyage-magasinage…
- Pour eux ? Je me souviens d’une guide-accompagnatrice qui a eu plusieurs voyages où sa valise ne fermait plus…
- Je sais… Je les paye encore…


Dans le bus qui nous ramène vers Montréal, les souvenirs me bercent.
Je revisite chaque scène avec délice.
Je me prépare.
La dépression post-New-York est toujours intense.
Sevrage.


… On va essayer de repartir en mai …







dimanche 8 février 2009

Fiantre d'oiseau

Il m'arrive souvent de me faire chier. Mais hier, c'était différent.

Je me suis fait chier sur la tête par un oiseau.

Je m'en allait donner deux conférences à 10am un samedi matin.

"Allez chérie, n'enrage pas, c'est de la chance!"

J'aimerais dire à tout ceux qui m'ont répondu que c'était de la chance, que non, ce n'est pas de la chance.

Je vous assure, j'ai vérifié, ce n'est pas de la chance.

C'est juste de la grosse marde d'oiseau liquide dans mes cheveux propres et coiffés.
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samedi 31 janvier 2009

De retour

Ça fait des siècles que je n’ai pas écrit dans ce carnet.
J’ai maintenant trois enfants et j’habite à Laval.


Sérieusement, depuis ma dernière entrée sur la blogosphère, je n’ai pas enfanté, ni déménagé, mais les bourrasques hivernales québécoises sont à l’image de mon pèlerinage des derniers mois.

Après un temps des Fêtes assez mollo, et ô combien agréable, les choses se sont mises à débouler de façon assez vertigineuse.

J’vous l’donne en vrac…

-J’arrête de fumer
-Je quitte mon boulot au Musée
-Je me fais accuser d’un dégât d’eau par mon propriétaire.
-Je commence ma nouvelle job de prof à temps plein en Fashion Communications
-Je bosse les deux jobs pendant dix jours
-Je reçois une lettre recommandée de mon proprio
-Je prépare mes cours de com et de négo pour mes 200 étudiants
-Je recommence à fumer

J’ai un peu l’impression d’avoir fait une année en un mois.



Le départ du Musée
Le chant du signe…!

Une des plus belle rencontre de mon séjour au Musée fut une brillante jeune femme, journaliste culturelle au plus intelligent quotidien montréalais. Nous avons eu plusieurs échanges e-mails et téléphoniques, quelques rendez-vous manqués, mais nous nous sommes finalement rencontrées, juste avant Noël pour un article sur une des expos du Musée.

Ce fut quelques heures de belles conversations et de découvertes inspirantes. Un rayon de lumière dans un quotidien professionnel devenu difficile.

L’article paru finalement au retour des Fêtes. Le matin même de ma dernière journée au boulot. La couverture du cahier culturel, une photo 4 couleurs 2/3 de page, avec un article génial (et où ma petite personne est citée deux fois!).

Cela avec une semaine de coverage sur une quotidienne à CBC Television, et quelques autres perles médiatiques.

C’est donc le cœur assez léger, et l’égo assez pompé, que je terminai cette aventure, ce séjour exploratoire dans le monde culturel montréalais.



Récentes découvertes inspirantes :

Docus :
-Man on a wire (Trippatif)
-Gonzo (Décapant)
-Century of the self (Instructif)
-Merchant of Cool (Désespérant)
-Annie Leibovitz: Life through a lens (Inspirant)

Livres:
-Canadian Advertising in Action
-Anatomy of a trend
-IMC: Integrated Marketing Communications
-Principles of Marketing
-The Fall of Advertising; The rise of P.R.
(désolée.)

Télé:
-The Hour – CBC
-Doc Zone (CBC et RC)
-Question de société (Télé-Qc.)
-Rick Mercer Report & This Hour has 22 Minutes (CBC)
-Une heure sur Terre (RC)
-Infoman (RC)
(N’ayant pas le câble, je profite des bijoux de la télé publique)

Musique :
-Espace Classique : La Webradio d’Espace musique


Affirmations en vrac

-C’est peut-être à cause de nos 6 bouteilles de vin; mais on a bien ri pendant le Bye Bye.

-Par des événements circonstanciels, je suis forcée d’observer autour de moi de nouvelles limites à la stratégique manipulation féminine. Ce qui me mène à un profond découragement sur notre genre.

-Un jour de l’an dans un chalet dans le nord, avec un chum, une sœur et un beau-frère, à s’enfiler des tournois de Crânium, avec un bon vin blanc, c’est pas mal canon.

-J’ai deux cours à monter aujourd’hui…

…Fin de la plage horaire « Écriture créative »…
Lilinstitutrice


samedi 29 novembre 2008

Lucidifier

Si ces prochaine lignes sont écrites à la troisième personne c'est que ça me semble adéquat, approprié. Je suis consciente que je me répète, mais permettez-moi encore: la vie va si vite. Il me faut m'ordonner des séances d'observation de ma vie pour ne pas oublier de la saisir, de l'immortaliser, de la lucidifier.

Savez-vous qu'il n'existe pas, du moins pas dans le Bescherelle ni dans le Petit Robert, de verbe dérivé de l'adjectif "lucide". Lucide: "Qui perçoit, comprend, et exprime les choses avec clarté et perspicacité". Je me demande pourquoi il n'existe pas de verbe. Au 21e siècle, ça n'arrive plus tout seul ça. Ça prend de la gestion, de la planification, des stratégies, et des post-évaluations. Merde, non, pardon. Ça c'est le dossier de mon prochain cours. Où en étais-je? Re-merde, je ne sais plus.

Lucidifier…

Tout cela commença par un souper-croisière organisé par le quotidien Le Devoir. Elle allait y représenter son Musée (en foi d'annonceur), et n'était pas toute d'enthousiasme à l'idée de se retrouver au milieu du fleuve – face à l'impossibilité d'user de la formule "acte de présence". Néanmoins. La possibilité d'une soirée offrant quelques belles surprises n'est jamais exclue. Par expérience.

Sur le quai, elle attend (im)patiement Chantal, la "account manager" de son agence de publicité.

"Fu**. C'est pas vrai, elle va pas me laisser seule sur cette prison flottante."

Embarquement. Merde. Elle sait que sans elle ne pourra pas se reposer de relations publiques avec quelques conversations (insipides) avec sa collaboratrice.

"Mousseux?"
"Oui, je vais en prendre deux, j'attends quelqu'un."
Igloo-igloo.

Le temps de boire quelques gorgés et de s'accoutumer à la berce du bateau, elle fait la rencontre d'une splendide jeune femme à la voix douce et posée. Celle-ci travaille en communication pour la JCCM, la Jeune Chambre de commerce de Montréal. Elles conversent un moment, profitant de plusieurs champs d'intérêt professionnels communs.

- "J'aimerais beaucoup t'inviter à participer à un projet d'événement mettant de l'avant les créateurs de JCCM. Tu devrais devenir membre!"
- "Hummm. Pour les petits déjeuners causerie, tu m'oublies, serrer des mains à 7:15 le matin est tout simplement inconcevable. Mais pour un projet spécial; appelle-moi!"

Quelques semaines plus tard, le vendredi à 16h; convocation à une première rencontre du comité organisateur de l'événement de la JCCM. Lundi 18h.

"Bien sur. Le soir où j'enseigne."

La fin de semaine offre peu d'espoir de repos. Une vingtaine d'heures de travail pour préparer son cours du lundi au programme. Elle respire profondément. Assise dans la voiture la menant dans la campagne de Saint-Pierre, elle lucidifie. Les semaines, les jours, les heures et les minutes qui viennent de passer. Les secondes qui passent pendant qu'elle réfléchit.

Dans la très grande maison ambre, le temps fait tranquillement son tic-tac. Tic tac. Son paternel en visite, lit sa montagne de journaux, sa chanteuse de belle-sœur fait la sieste à l'étage, son Mc regarde un film sur le divan de la véranda.

Elle, elle est à la cave. Devant le feu. Profitant autant de la chaleur du poêle que de celle d'avoir une maison remplie de ceux qu'on aime. Les plan marketing & stratégie créative passent mieux, se dit-elle.

En ouvrant les yeux, lundi matin, elle commence à penser à sa journée. "Un meeting ce matin. Ce midi, faut faire les photocopies pour le cours. En partant à 19h de la réunion, j'aurai le temps de finir de préparer mon cours avant 20h30. Oh Fu**. Don't think about it, just do it. Get up."

Contemplant sa nouvelle machine à expresso rouge vif qui coule doucement l'élixir, elle se répète qu'à 23 h ce soir, ce sera fini. Mais ce sera surtout accompli.



Arrivant au lieu de la rencontre, elle aperçoit la jeune directrice du comité, avec qui elle avait eu quelques échanges téléphoniques sympathiques;
-"Lili? Je savais que c'était toi! J'ai été une de tes étudiantes lors d'un voyage-mode à New-York!"

Puis elle rencontre un autre membre de l'équipe du comité, qui travaille aussi chez Urbania, magazine montréalais, very trendy, very urban. Rencontre qui fut, à défaut d'un meilleur mot pour le dire, productive. Le lendemain, suite à un coup de fil de sa part, elle lui avait trouvé une styliste en une heure pour un shoot le lendemain, et ce même lendemain, ils concluaient aussi la vente d'une page de publicité dans le magazine.

Elle respire profondément. Elle se retrouve le vendredi soir, dans une petite salle bondée de L'Assomption, à écouter et regarder le spectacle de sa chanteuse d'amie et belle-sœur. La main bien serrée dans celle de son amoureux.

Puis sur l'autoroute 40, vers le Cabaret du Musée Juste pour Rire, pour célébrer l'anniversaire de son nouveau collaborateur Urbanien. Patry elctro, jeune crowd; vodka soda svp. Elle se sent vieille devant cette très jeune vingtaine. Peut-être que ça l'amuse aussi.

Elle respire profondément. Devant sa fenêtre, elle regarde le temps, gris et mouillé de ce dimanche de novembre, elle lucidifie. Les semaines, les jours, les heures et les minutes qui viennent de passer. Les secondes qui passent pendant qu'elle y réfléchi.

mercredi 22 octobre 2008

L'usure de la compassion

Comme pour plusieurs d'entre vous, la magie de Facebook m'a permis de profiter de retrouvailles inespérées. Comme avec cette amie, la première que je me suis faite en quittant le nid familial pour la vieille capitale. Dans mon collège beaux-gosses-de-riches, je peinais à trouver une âme avec un minimum de compatibilité… Puis Anne est apparue comme un vent de fraîcheur en ces murs austères.

Quinze ans plus tard, la revoici, dans ma boite de courriel du populaire site "social". Les mots qu'elle m'a écrits mon grandement touché; la femme qu'elle est devenue, tout autant.

Profitant du petit micro qu'est ce blog, voici quelques mots à mariner, pour vous-même.

"Je te jure, les 3 premiers mois passés en pédopsychiatrie, je me saoulais presque à tous les soirs, tellement j'hallucinais de ce que j'entendais. J'ai même, au jour de l'An 2005, passé une nuit à brailler dans les toilettes, après une soirée au travail à essuyer le sang d'une petite fille de 13 ans, sur un mur. Ouin ! Des histoires de souffrance et d'une violence incroyable ! Et puis, tu vois, 4 ans plus tard, bien que j'aime toujours la psychiatrie, j'ai découvert que j'étais devenue blasée, que maintenir une enfant au sol ne me faisait plus sourciller, et que je pouvais poser un "set" de contentions sur un lit les yeux fermés. L'usure de compassion existe."

L'usure de compassion existe.

Voici un indice à ce qui demeure une grande question.
Pour ceux qui en doutent; pensez-y devant le prochain clochard étalé sur la bouche d'air chaud du métro…

La compassion d'Anne ne s'est pas tout usée; elle s'occupe maintenant de nos militaires qui reviennent du cauchemar du Moyen Orient.