dimanche 8 février 2009

Fiantre d'oiseau

Il m'arrive souvent de me faire chier. Mais hier, c'était différent.

Je me suis fait chier sur la tête par un oiseau.

Je m'en allait donner deux conférences à 10am un samedi matin.

"Allez chérie, n'enrage pas, c'est de la chance!"

J'aimerais dire à tout ceux qui m'ont répondu que c'était de la chance, que non, ce n'est pas de la chance.

Je vous assure, j'ai vérifié, ce n'est pas de la chance.

C'est juste de la grosse marde d'oiseau liquide dans mes cheveux propres et coiffés.
Câ*?de%Tab&?de*Chr%(*&

samedi 31 janvier 2009

De retour

Ça fait des siècles que je n’ai pas écrit dans ce carnet.
J’ai maintenant trois enfants et j’habite à Laval.


Sérieusement, depuis ma dernière entrée sur la blogosphère, je n’ai pas enfanté, ni déménagé, mais les bourrasques hivernales québécoises sont à l’image de mon pèlerinage des derniers mois.

Après un temps des Fêtes assez mollo, et ô combien agréable, les choses se sont mises à débouler de façon assez vertigineuse.

J’vous l’donne en vrac…

-J’arrête de fumer
-Je quitte mon boulot au Musée
-Je me fais accuser d’un dégât d’eau par mon propriétaire.
-Je commence ma nouvelle job de prof à temps plein en Fashion Communications
-Je bosse les deux jobs pendant dix jours
-Je reçois une lettre recommandée de mon proprio
-Je prépare mes cours de com et de négo pour mes 200 étudiants
-Je recommence à fumer

J’ai un peu l’impression d’avoir fait une année en un mois.



Le départ du Musée
Le chant du signe…!

Une des plus belle rencontre de mon séjour au Musée fut une brillante jeune femme, journaliste culturelle au plus intelligent quotidien montréalais. Nous avons eu plusieurs échanges e-mails et téléphoniques, quelques rendez-vous manqués, mais nous nous sommes finalement rencontrées, juste avant Noël pour un article sur une des expos du Musée.

Ce fut quelques heures de belles conversations et de découvertes inspirantes. Un rayon de lumière dans un quotidien professionnel devenu difficile.

L’article paru finalement au retour des Fêtes. Le matin même de ma dernière journée au boulot. La couverture du cahier culturel, une photo 4 couleurs 2/3 de page, avec un article génial (et où ma petite personne est citée deux fois!).

Cela avec une semaine de coverage sur une quotidienne à CBC Television, et quelques autres perles médiatiques.

C’est donc le cœur assez léger, et l’égo assez pompé, que je terminai cette aventure, ce séjour exploratoire dans le monde culturel montréalais.



Récentes découvertes inspirantes :

Docus :
-Man on a wire (Trippatif)
-Gonzo (Décapant)
-Century of the self (Instructif)
-Merchant of Cool (Désespérant)
-Annie Leibovitz: Life through a lens (Inspirant)

Livres:
-Canadian Advertising in Action
-Anatomy of a trend
-IMC: Integrated Marketing Communications
-Principles of Marketing
-The Fall of Advertising; The rise of P.R.
(désolée.)

Télé:
-The Hour – CBC
-Doc Zone (CBC et RC)
-Question de société (Télé-Qc.)
-Rick Mercer Report & This Hour has 22 Minutes (CBC)
-Une heure sur Terre (RC)
-Infoman (RC)
(N’ayant pas le câble, je profite des bijoux de la télé publique)

Musique :
-Espace Classique : La Webradio d’Espace musique


Affirmations en vrac

-C’est peut-être à cause de nos 6 bouteilles de vin; mais on a bien ri pendant le Bye Bye.

-Par des événements circonstanciels, je suis forcée d’observer autour de moi de nouvelles limites à la stratégique manipulation féminine. Ce qui me mène à un profond découragement sur notre genre.

-Un jour de l’an dans un chalet dans le nord, avec un chum, une sœur et un beau-frère, à s’enfiler des tournois de Crânium, avec un bon vin blanc, c’est pas mal canon.

-J’ai deux cours à monter aujourd’hui…

…Fin de la plage horaire « Écriture créative »…
Lilinstitutrice


samedi 29 novembre 2008

Lucidifier

Si ces prochaine lignes sont écrites à la troisième personne c'est que ça me semble adéquat, approprié. Je suis consciente que je me répète, mais permettez-moi encore: la vie va si vite. Il me faut m'ordonner des séances d'observation de ma vie pour ne pas oublier de la saisir, de l'immortaliser, de la lucidifier.

Savez-vous qu'il n'existe pas, du moins pas dans le Bescherelle ni dans le Petit Robert, de verbe dérivé de l'adjectif "lucide". Lucide: "Qui perçoit, comprend, et exprime les choses avec clarté et perspicacité". Je me demande pourquoi il n'existe pas de verbe. Au 21e siècle, ça n'arrive plus tout seul ça. Ça prend de la gestion, de la planification, des stratégies, et des post-évaluations. Merde, non, pardon. Ça c'est le dossier de mon prochain cours. Où en étais-je? Re-merde, je ne sais plus.

Lucidifier…

Tout cela commença par un souper-croisière organisé par le quotidien Le Devoir. Elle allait y représenter son Musée (en foi d'annonceur), et n'était pas toute d'enthousiasme à l'idée de se retrouver au milieu du fleuve – face à l'impossibilité d'user de la formule "acte de présence". Néanmoins. La possibilité d'une soirée offrant quelques belles surprises n'est jamais exclue. Par expérience.

Sur le quai, elle attend (im)patiement Chantal, la "account manager" de son agence de publicité.

"Fu**. C'est pas vrai, elle va pas me laisser seule sur cette prison flottante."

Embarquement. Merde. Elle sait que sans elle ne pourra pas se reposer de relations publiques avec quelques conversations (insipides) avec sa collaboratrice.

"Mousseux?"
"Oui, je vais en prendre deux, j'attends quelqu'un."
Igloo-igloo.

Le temps de boire quelques gorgés et de s'accoutumer à la berce du bateau, elle fait la rencontre d'une splendide jeune femme à la voix douce et posée. Celle-ci travaille en communication pour la JCCM, la Jeune Chambre de commerce de Montréal. Elles conversent un moment, profitant de plusieurs champs d'intérêt professionnels communs.

- "J'aimerais beaucoup t'inviter à participer à un projet d'événement mettant de l'avant les créateurs de JCCM. Tu devrais devenir membre!"
- "Hummm. Pour les petits déjeuners causerie, tu m'oublies, serrer des mains à 7:15 le matin est tout simplement inconcevable. Mais pour un projet spécial; appelle-moi!"

Quelques semaines plus tard, le vendredi à 16h; convocation à une première rencontre du comité organisateur de l'événement de la JCCM. Lundi 18h.

"Bien sur. Le soir où j'enseigne."

La fin de semaine offre peu d'espoir de repos. Une vingtaine d'heures de travail pour préparer son cours du lundi au programme. Elle respire profondément. Assise dans la voiture la menant dans la campagne de Saint-Pierre, elle lucidifie. Les semaines, les jours, les heures et les minutes qui viennent de passer. Les secondes qui passent pendant qu'elle réfléchit.

Dans la très grande maison ambre, le temps fait tranquillement son tic-tac. Tic tac. Son paternel en visite, lit sa montagne de journaux, sa chanteuse de belle-sœur fait la sieste à l'étage, son Mc regarde un film sur le divan de la véranda.

Elle, elle est à la cave. Devant le feu. Profitant autant de la chaleur du poêle que de celle d'avoir une maison remplie de ceux qu'on aime. Les plan marketing & stratégie créative passent mieux, se dit-elle.

En ouvrant les yeux, lundi matin, elle commence à penser à sa journée. "Un meeting ce matin. Ce midi, faut faire les photocopies pour le cours. En partant à 19h de la réunion, j'aurai le temps de finir de préparer mon cours avant 20h30. Oh Fu**. Don't think about it, just do it. Get up."

Contemplant sa nouvelle machine à expresso rouge vif qui coule doucement l'élixir, elle se répète qu'à 23 h ce soir, ce sera fini. Mais ce sera surtout accompli.



Arrivant au lieu de la rencontre, elle aperçoit la jeune directrice du comité, avec qui elle avait eu quelques échanges téléphoniques sympathiques;
-"Lili? Je savais que c'était toi! J'ai été une de tes étudiantes lors d'un voyage-mode à New-York!"

Puis elle rencontre un autre membre de l'équipe du comité, qui travaille aussi chez Urbania, magazine montréalais, very trendy, very urban. Rencontre qui fut, à défaut d'un meilleur mot pour le dire, productive. Le lendemain, suite à un coup de fil de sa part, elle lui avait trouvé une styliste en une heure pour un shoot le lendemain, et ce même lendemain, ils concluaient aussi la vente d'une page de publicité dans le magazine.

Elle respire profondément. Elle se retrouve le vendredi soir, dans une petite salle bondée de L'Assomption, à écouter et regarder le spectacle de sa chanteuse d'amie et belle-sœur. La main bien serrée dans celle de son amoureux.

Puis sur l'autoroute 40, vers le Cabaret du Musée Juste pour Rire, pour célébrer l'anniversaire de son nouveau collaborateur Urbanien. Patry elctro, jeune crowd; vodka soda svp. Elle se sent vieille devant cette très jeune vingtaine. Peut-être que ça l'amuse aussi.

Elle respire profondément. Devant sa fenêtre, elle regarde le temps, gris et mouillé de ce dimanche de novembre, elle lucidifie. Les semaines, les jours, les heures et les minutes qui viennent de passer. Les secondes qui passent pendant qu'elle y réfléchi.

mercredi 22 octobre 2008

L'usure de la compassion

Comme pour plusieurs d'entre vous, la magie de Facebook m'a permis de profiter de retrouvailles inespérées. Comme avec cette amie, la première que je me suis faite en quittant le nid familial pour la vieille capitale. Dans mon collège beaux-gosses-de-riches, je peinais à trouver une âme avec un minimum de compatibilité… Puis Anne est apparue comme un vent de fraîcheur en ces murs austères.

Quinze ans plus tard, la revoici, dans ma boite de courriel du populaire site "social". Les mots qu'elle m'a écrits mon grandement touché; la femme qu'elle est devenue, tout autant.

Profitant du petit micro qu'est ce blog, voici quelques mots à mariner, pour vous-même.

"Je te jure, les 3 premiers mois passés en pédopsychiatrie, je me saoulais presque à tous les soirs, tellement j'hallucinais de ce que j'entendais. J'ai même, au jour de l'An 2005, passé une nuit à brailler dans les toilettes, après une soirée au travail à essuyer le sang d'une petite fille de 13 ans, sur un mur. Ouin ! Des histoires de souffrance et d'une violence incroyable ! Et puis, tu vois, 4 ans plus tard, bien que j'aime toujours la psychiatrie, j'ai découvert que j'étais devenue blasée, que maintenir une enfant au sol ne me faisait plus sourciller, et que je pouvais poser un "set" de contentions sur un lit les yeux fermés. L'usure de compassion existe."

L'usure de compassion existe.

Voici un indice à ce qui demeure une grande question.
Pour ceux qui en doutent; pensez-y devant le prochain clochard étalé sur la bouche d'air chaud du métro…

La compassion d'Anne ne s'est pas tout usée; elle s'occupe maintenant de nos militaires qui reviennent du cauchemar du Moyen Orient.

samedi 27 septembre 2008

Stepping stones et foie gras

Tout se transforme. Tout bouge. J'ai peur de perdre pied. Pourtant j'ai été élevée sur un voilier, la houle n'est pas supposée me débalancer. Même dans les plus grands vents, je peux courir du cockpit au pont, même sauter sur le quai pour amarrer l'embarcation. De n'importe où, les yeux fermés, je sais pointer le fleuve.

Pourtant en ce petit matin d'automne, je doute. Je ne sens pas mes pieds sur le sol. Peut-être plus à 6 pouces dans les airs. Alors que la nature s'apprête à s'endormir, il y a un grand squall à l'horizon. L'instabilité de l'air est palpable. Le nouveau projet d'enseignement n'est que le début, l'entrée m'annonçant que le plat principal serait tout aussi substantiel.

Je suis allée souper au Mange-Grenouille cet été. Une bouffe débile, psychadélique, lyrique, qui nous occupa pendant 3 heures. Déjà, après l'amuse-gueule, le potage et l'entrée, j'attendais le foie gras en me disant; Ouf, "better be ready girl". J'ai hâte, j'ai hâte que mes papilles gustatives s'éveillent et se contentent. Du même coup, je ne peux m'empêcher de me demander comment je vais faire.

It's like stepping stones… Dans la petite marina de Neuville, où j'ai grandi tous mes week-ends de jeunesse, ma sœur et moi passions nos journées principalement à pêcher des meneys, couchées à plat ventre sur les pontons, ou nous allions courir et sauter sur les immenses rochers entourant la marina. Mes petites jambes s'élançaient savamment pour atteindre la roche suivante (et arriver à suivre ma grande sœur). C'est ainsi présentement. Mes jambes, plus longues et habiles, sautent d'une roche à l'autre, planifiant stratégiquement où placer mon pied et ma personne tout en gérant le vertige.

Je pense à ma sœur. Ma sœur qui quitte sa Gaspésie pour la ville. Après plus de dix ans au bout de la péninsule, elle redéménage sur l'Île. Elle me disait combien les levés de soleil l'émouvaient depuis qu'elle a officialisé sa décision en louant sa maison. Comme si elle emmagasinait avant le squall.

Emmagasine Bella, et viens t'en, on a bien besoin de levés de soleil gaspésiens à Montréal.

mercredi 17 septembre 2008

Tchou-tchou!

Pensiez qu'j'avais disparue hein?!

Ça va tellement vite que des fois, j'sais plus où je suis moi-même. Les kilomètres s'enfilent sous mes pieds, comme dans ma tête. J'ai 18 minutes pour écrire. C'est le temps qui reste avant que le filet de porc soit prêt. Il est tard. J'ai le cerveau comme de la purée de pomme de terre. M'en excuse.

Media plan, types of advertising, consumer's behavior, & advertising agencies…

Je reçois un courriel il y a deux semaines, m'offrant une charge de cours dans un collège (celui là même où j'ai gradué). Il n'y a eu aucune hésitation. When do I start? Next week. Me voilà donc devant 34 jeunes adultes, le lundi soir, à enseigner "Advertising and promotional activities". Assez hallucinant. Et une expérience hautement intense. 68 yeux sur vous pendant trois heures.

Alors, voilà. Comme le contrat venait avec un mince plan de cours du Ministère, je passe mes soirées, mes fins de semaine et quelques nuits plongée dans les manuels et hypnotisée de tant de pages internet. Mais j'aime ça. J'adore. Ça me garde éveillée comme un bon film.

Ne faisant jamais les choses à moitié; je me suis armée de plusieurs sources (3 livres de pub à 120$ pièce). La rigueur. Les communications n'étant pas des sciences exactes (j'en ai pris pleinement conscience), je choisis ce qui me semble le plus soutenu selon les diverses sources. Je vérifie et recompile, je synthétise, je vulgarise, j'illustre.

Puis il y a la structure du cours. Combien de matière ça prend pour remplir trois heures, l'envoi des formulaires de repro par internet, le no d'employée, les réservations de projecteur, les listes de groupe, les examens à bâtir, les exercices à concevoir.

Du Musée, je passe par le Collège pour une raison ou une autre. Les autres soirs, c'est par la bibliothèque que je détourne. Puis j'envahis la table de la cuisine de papiers, laptop, livres, plan de cours… Et tout le reste s'en va. Concentration plein gaz.

Oui mais Li-liberté, il y a la vie aussi?

Je sais. Elle est partout cette vie. Y'a des bouts où il faut méditer, introspecter, mariner. Et il y en a d'autres ou il faut juste sauter dans le train.

Tchou-tchou!

dimanche 20 juillet 2008

Des nouvelles

L'homme et son char

Ma nouvelle situation conjugale me donne un accès privilégié à un sujet inépuisable: celui de la nature humaine masculine. Incroyablement fascinant. Tant de fois, je l'écoute et le regarde en me disant: mais qu'est-ce qu'il me raconte là? Puis je décode, je traduis en "langue féminine" et, non sans une touche d'une certaine perplexité, j'arrive à comprendre. Sourire en coin, je constate à quel point nous sommes quand même des espèces si différentes.

Samedi matin 10h30, à la maison de Saint-Pierre, mon Mc saute hors du lit avec une énergie rarement observée. Le pro-du-snooze enfile ses jeans d'une main, et ses lunettes de l'autre.

- J'ai rendez-vous chez le concessionnaire ce matin, me dit-il.

Ouké…
Étonnée, pas tout à fait réveillée, j'analyse ce nouveau concept: Mc, char, 10:30am. Je réalise que mon bel artiste intellectuel et profond ne se soustrait pas à cette simple virilité masculine: l'homme et son char. Lui? À ce point?

Je relève la couette;
- Pas tout de suite… Alleeeeez charmant, viens te recoucher un peu avec ta douce…
- Non, vraiment chérie, ils ferment à midi, j'ai pas beaucoup de temps…

Hummm. Ok. C'est du sérieux…
C'est vraiment marrant tout ça!
J'observe cette frénésie en me rappelant une conversation que nous avions eue à New York:
- Chériiiiie, fermes les rideaux, qu'est-ce que tu fais debout à 10h?
- Les magasins ouvrent à 9h, je suis déjà en retard…


Alors quand il me propose de l'accompagner "si je suis capable d'être prête en 15 minutes", je me décroute les yeux en réfléchissant.

Mon instinct féminin me suggère d'accompagner l'homme dans cette expédition.

Le fait est que j'aime aussi les chars. J'aime conduire. Je connais les marques, les modèles, les différentes conduites. Alors c'était de joindre l'utile à l'agréable.

Agréable: magasiner une voiture que tu n'auras pas à payer
Utile: La tâche (ingrate) d'avoir à être la voix de la raison.

L'homme reluque une Honda S2000, petit bolide sport, délicieux à conduire, dispendieux et pas-pratique-pour-5-cennes.

Quatre heures plus tard, quelques essais routiers, de multiples conversations "char" avec le vendeur (qui était tout ce qu'un vendeux-de-char digne de ce nom doit être), on décide d'essayer une Cabrio pour la fin de semaine.

Mais la S2000 n'était tellement pas pratique, la Cabrio, pas assez puissante, la BMW 320 tousse en démarrant et après 453 heures à discuter du dossier char, la saga de l'homme et son char se poursuit…

Je demeure toujours aussi déroutée…
À suivre…

***


400 polaroïds




Virée à Québec le weekend dernier. La Sœur terminant une affectation dans la vieille capitale, on s'est déniché un Hôtel crado et on a décidé d'aller voir ce que M. Wyclef Jean et M. Robert Lepage avaient concocté.

J'aime bien retourner à Québec. J'y ai habité ma tendre enfance et ma jeune vingtaine. Encore plus merveilleux d’y retourner en compagnie de celle avec qui j’ai partagé ces séjours; Zeve. L’homme profitait de son dernier weekend avant de recommencer un Full time job et le ton était résolument à la fête pour les trois « adulescents » que nous sommes.

Comme on s’en serait douté, nous avons manqué Wyclef. C’est la faute à la terrasse du Linox, et de sa bière maison. Désolant, mais les côtes à monter jusqu’aux plaines étaient tout à fait hors de question. Puis le samedi aura été tout en douceurs et spontanéité. Des lattés au Temporel, puis une marche rue des Remparts. La soleil est bon, l’ombre encore plus.

Eve et moi sommes assises sur un banc. On regarde les gens passer devant nous.
- Eve, as-tu remarqué comment tout est propre ici? Les rues, les bars, le monde, ils sont tellement propres. C’est plein de fleurs partout, ça ne sent jamais les vidanges. À part un ou deux squeegies, ils sortent tous de chez Simons. C’est un brin aseptisé, un peu Disney World.

Méditant au soleil, on se regardait discrètement à chaque fois qu’une jeune femme montait la côte, titubant sur ses talons de 4 pouces tenant sa mini qui partait au vent.
Et Eve de me dire :
-Mmmm. Elle doit vraiment apprécier son après-midi.

...


Après un apéro au Belleys,



un autre sur notre terrasse VIP,




un souper entre amis, nous étions fins prêts pour le Moulin à images...





(Terrasse du Manoir des Remparts)



Ou enfin, c’est ce que nous croyions.

Encore une fois, le génie de M. Lepage aura réussi à nous jeter par terre.

***
(parlant de génie artistique…)


Rencontre






Croisé lors de vernissages, c’est finalement grâce à un 5 à 7 improvisé à son appart-atelier que j’ai rencontré Rohrer. Quelle belle soirée. Quel plaisir d’entendre Mc et Jean-Daniel échanger sur l’art, la technique, les matériaux, la conception, la vision. Aussi sur le métier d’artiste, le cheminement, les rêves, les craintes. Like a fly on the wall, j’écoutais et j’observais. J’aime les lieux de création. Voir ceux des autres. Leur organisation bordelique.

C’est quand j’ai mentionné ma fascination et passion pour le papier de soie qu’il nous invita vers une petite pièce, adjacente à son atelier, à l’arrière de la maison. On avait peine à y entrer tellement elle était remplie de livres, de stencils, de décalques, de manuscrits… et de papiers de soie. Enluminures, symboles chinois, motifs de la renaissance... J’en suis venue les jambes molles.

À 22 heures, gorgée de belles conversations, de découvertes, de partage, je repartie les bras rempli de cadeaux – une litho, trois catalogues de ses expos, et une montagne de papiers de soie, ce qui ajoute à son immense talent, une générosité extrêmement touchante.

www.jeandanielrohrer.com

***


Dimanche matin.

Je cherche désespérément une excuse pour ne pas avoir à commencer mon ménage. Les ptits rouleaux de poils-d’Émile qui valsent partout me découragent. Mon bureau est rempli de papiers, factures, fils d’ordi, de cell, de cam. Un rond de verre de vin rouge. Mon atelier est quelque part sous les livres, les pots de pinceaux, les ciseaux de couture… Je vous épargne la salle de bain, et les cernes de pâte à dent sur le comptoir.

Je vais aller jouer avec mes papiers de soie.

mardi 3 juin 2008

En vrac (5)

Extrait de courriel :

Bonjour Charmant,


Comment allez-vous en ce lundi matin? Votre humble correspondante qui vous écrit de sa belle Gaspésie... Enfin de retour chez moi. Bien qu'étant native de Montréal, grandi à Québec et Trois-Rivières; c'est ici que je me sens chez moi. Pas toujours une question géographique tout ça, c'est aussi dans le coeur que ça ce passe... Le rythme, l'odeur de l'air, la distance, la couleur du ciel; comme je suis bien ici... Il me faut faire un effort de concentration pour décrocher. Le rythme de la ville est envahissant. J'ai tellement couru ces derniers mois que là, en ce lundi matin, il y a au fond de moi un besoin de "faire quelque chose" contre lequel il me faut lutter. "Non, non, Lili, ça va. Pas besoin d'appeler au Musée, d'écrire un blog, d'envoyer des courriels"... "Ah, oui? Je peux ne rien faire du tout?"...

Y'a qu'à regarder par dehors la mer qui souffle ses vagues, pour se rendre compte que la seule chose au menu aujourd’hui, c'est essayer de s’abandonner à ce rythme répétitif, lent et Ô si calmant!

***

Extrait de journal :

Mardi 27 mai 23h30
Le vernissage de l’expo sur Yves St-Laurent (Musée des Beaux Arts)

« Je savais bien que je te trouverai ici Darling »
Ça faisait au moins un an que je ne l’avais pas vu. Le beau Jocelyn. Mon professeur puis collaborateur, puis ensemble, co-guides de voyages étudiants à NYC. Quand on s’est rencontré, c’est comme si on se connaissait depuis toujours.

-Ma chérie, tu es plus belle que jamais!
-Merci! Je m’aime plus; ça aide…
-Ça paraît. Dis donc une charge de cours en communications ça te dirait?

Je croise ensuite une donatrice et mécène de mon Musée.
Il va s’en dire que mon invitation à cette soirée était professionnelle, la sienne « sociale ».
-Dear, are you wearing St-Laurent?
-Oh, no, it’s not Y-S-L, it’s G-A-P

Après les relations publiques de fonction, je suis montée au deuxième étage pour rencontrer la légende St-Laurent. Que de génie, de créativité, de maîtrise de son art. C’est probablement un des derniers artistes de la mode digne de ce nom. Il le disait lui-même : « Après Coco et moi, c’est la fin de la haute couture »…ou quelque chose du genre. C’est en découvrant cette rétrospective que j’en viens à la même conclusion. Se permettre de créer une robe en hommage à Picasso, et en même temps offrir aux femmes de porter (enfin) le tailleur, c’est repenser la mode comme véhicule et non seulement comme commodité. Chapeau!

Les sugg :

À voir :
-« No end in sight »
Documentaire sur l’après-guerre en Irak. Là. Là, je peux dire que je comprends ce qui s’est passé et comment nous en sommes arrivés là.
-« Maxed out »
Documentaire sur l’industrie du crédit aux États-Unis (therefore, icitte aussi!). De la carte de crédit, aux prêts bancaires et hypothécaires. Écoeurement assuré.

À lire :
-L’évangile de Jimmy par Didier van Cauwelaert
« Je m’appelle Jimmy, j’ai 32 ans et je répare des piscines dans le Connecticut. Trois envoyés de la Maison Blanche viennent de m’annoncer que je suis le clone du Christ. »

À essayer :
La console WII, par temps de pluie, en Gaspésie.

À vivre :
L’exposition Elle, présentée à la Galerie St-Dizier (Vieux-Mtl), pour la qualité des œuvres, sa variété, son message, et surtout pour ma sublime sculpteure et forgeronne d’amie Marie-Josée Roy.

***

Extrait de photos de voyage











mercredi 7 mai 2008

Journée de fou

Journée de fou. Journée de mongole. J’aurais besoin de Roller Blades pour filer les couloirs du Musée. Je reviens à mon bureau; je regarde mes courriels. Un premier filtre gère les urgences : est-ce crucial pour les 15 prochaines minutes?
Oui-Non-Non-Peut-être-Non-Oui.

Je n’arrive même pas à prendre mes messages téléphoniques.
Tout ce que j’arrive à faire, c’est voir le nombre qui augmente :
-You have 6 new messages
-First message ...
...Dring-dring!
Ext :268 Réception
-Lili, M. Hayes pour toi.
-Lili, ta nouvelle stagiaire à la réception.
-Lili, M. Marcil pour toi à la réception
-Lili, j’ai une recherchiste de Radio-Cananda sur la 2

Les mots recherchiste et Radio-Canada me font toujours tripper.

On lâche tout. Pour Le bigot? Samedi matin? Notre nouvelle expo?
OUI bien sûr!!!

(Essayez, vous, d’trouver un spécialiste d’art inuit disponible un samedi matin, dans 48 heures)




Patron : Lili, vient me voir quand tu auras deux minutes, j’ai pensé à un projet…

Lili : Présentement, j’ai Radio-Canada au trousse, les 12 000 modifications au Programmes pédagogiques à vérifier, une nouvelle stagiaire à qui j’ai eu à peine le temps le temps de dire bonjour, le shooting photo du bustier de Jean-Paul Gaultier, le communiqué de presse du Bal à sortir, et une mise à jour Web à envoyer. Mon degré d’ouverture d’esprit face à un nouveau projet t’es très peu favorable, j’aime mieux t’en avertir.

Il me semblait que je finissais à peine de téter ma chaudière de café matinal que je vois mon adjointe mettre son manteau et que je réalise qu’il est 5pm.

***

À peine avais-je fermé mon ordi que je me retrouve parachutée dans un autre univers. Celui que j’appelle la vraie vie. Je ne sais pas pourquoi. Me semble que la vraie vie arrive après 17 heures. Mon boulot au Musée est d’être Chef d’orchestre. Quand le spectacle est fini, je sors et je me trouve devant la vraie vie.

La vraie vie ce soir était faite d’une terrasse sur Mont Royal, d’un Merlot, de clopes et de bonne compagnie.

Y’a plein de gens qui tombent dans ma vie. Des liens qui mûrissent autrement. On croise quelqu’un et quelque chose nous dit d’arrêter.

Comme ça on se retrouve un mercredi de mai (à se geler le derrière sur une terrasse) à parler de projets, d’écriture, de communications, de vidéo, de couple, de vieillesse et de rêve.

Et vlan dans les gencives.
Encore cette vie qui vous fesse en pleine face.


mardi 1 avril 2008

Sans titre

Je ne sais pas quoi raconter. J'pourrais vous raconter que c'est l'anniversaire de mon âme-soeur de soeur. Que ce n'est pas un poisson d'avril. Mon périple au Saguenay la semaine dernière; à braver la tempête dans le Parc, armée de mon homme et son viril 4x4. Que j'ai peints des oeufs de Pâques. Que j'ai recommençé à m'entraîner - parce que j'engraisse et que je ne veux pas. Que j'ai aménagé une nouvelle pièce de mon si grand chez moi. Que j'ai maintenant un beau bureau, avec une chaise "de direction" (c'est ce qui était inscrit sur la boîte). Elle a en effet de la "direction": celle du plancher croche de mon vieille appart. Parlant de "plancher"; que j'ai planché sur un scénario de spectacle musical pour un scénariste - que j'ai par ailleurs en haute estime. Que le Musée qui m'emploit n'a jamais eu une revue de presse aussi abondante pour une expo. Que je m'en pette allègrement les bretelles. Que j'ai revu - pour la première fois en cinq ans - mon ex. Mon 11 septembre amoureux. Et que, sincèrement, c'était fort agréable.

Voilà, il y a des pages que l'on a envie de tourner, d'autres qu'on veut réécrire, d'autres que l'on veut toutes blanches, et plusieurs que l'on a envie de relire avec paix. Aimer. Tout ce que l'on fait, qu'on touche, qu'on rencontre, qu'on respire, aimer tout ce que l'on aime. Peut-être aimer même ce que l'on haït. Ah. C'est Languirand qui serait fier de moi.

(Qui que. C'est si bon parfois d'haïr. Se donner le droit d'haïr. ...avec motifs résonnables, j'entends. La vie a le don de nous en fournir assez régulièrement, anyway.)